Football-Tactique: l’ère des numéros 6 modernes !

Football-Tactique: l’ère des numéros 6 modernes !

Busquets, Thiago Motta, Casémiro, Ngolo Kanté;… aujourd’hui ces noms nous renvoient directement au poste de numéro 6 ou milieu récupérateur. Si dans le passé ce poste s’exerçait avec une quête de peu de technicité et plus d’impact physique, aujourd’hui c’est devenu le rampe de lancement des actions offensives dans les attaques placées. Spectrosport part à l’étude du comportement tactique des milieux récupérateurs modernes.

Edgar Davids
Patrick Vieira
Lothar Matthäus
Johan Neeskens
Claudio Makelel-Gennaro Ivan Gattuso

Dans l’antiquité footballistique, le rôle du numéro 6 était particulièrement d’ordre défensif et s’attelait autour d’un seul concept: la destruction! Il était question d’annihiler tout bonnement toutes les actions adverses, mais aussi et surtout, de mener la vie dure au joueur le plus talentueux de l’équipe adverse, habituellement leur numéro 10 ou meneur de jeu. On se souvient encore des marquages à la culotte de Gattuso sur Ronaldinho en Champion’s league, de l’agressivité intense de Nigel de Jong dont on a vécu plusieurs épisodes, de la hargne légendaire d’Edgar Davids ou encore du caractère trempé de Roy Keane. La marque de fabrique des 6 à l’ancienne était surtout l’embonpoint physique qu’ils imposaient. Peu importe la taille, chacun d’eux avait une force imposante sur leur adversaire et était surtout d’une condition physique étonnante, à l’image de Patrick Vieira, Michaël Essien ou encore Gilberto Silva.

Mais à la fin des années 90, la donne de l’agressivité a laissé place à la technicité, à la vision du jeu et au replacement tactique. Aujourd’hui être 6 ne signifie plus être tamponneur éternel. La modernité a notamment inscrit davantage ce poste dans le jeu de l’attaque placée.

Le concept de milieu défensif apparaît de moins en moins dans le jargon footballistique actuel. On parle plus de sentinelle, de rampe de lancement entre autre. C’est surtout le statut de rampe de lancement qui apparaît comme le descriptif le mieux loti quand on voit l’impact d’un certain Sergio Busquets dans le jeu du Barça.

Pourtant au vu des années, la transition entre milieu défensif destructeur et milieu défensif constructeur a été ressenti en partie. Cela a commencé avec les écuries néerlandaises avec un certain Franck Rijkaard à la baguette dans les années 90. Ancien joueur du Milan AC et de l’Ajax Amsterdam, Frank Rijkaard était un fantastique récupérateur. Avec Marco Van Basten et Ruud Gullit, le Hollandais formait une triplette de folie qui a régné sur l’Europe à la fin des années 80. Puis il y a eu un certain Fernando Redondo au Real Madrid. L’élégance footballistique, un 6 au gestuel de 10, un charisme hors paire, un joueur de classe, c’était Redondo! Même s’il n’a pas eu une carrière tout aussi dorée en club qu’en sélection, au Real Madrid il est inscrit à jamais au panthéon des grands joueurs.

Et là c’était le début de la métamorphose du poste. Aujourd’hui, la clarté des attaques placées débute par la dextérité du milieu récupérateur de l’équipe. A l’image du FC Barcelone forgé par Guardiola lui même ancien à ce poste, les équipes modernes ont chacune un milieu récupérateur technique, pouvant enclencher des actions, être précis dans les longues comme dans les courtes passes, capable de donner des passes décisives ou même être à la conclusion des actions comme un certain Michael Essien, un Casémiro ou un Ngolo Kanté. Ce-dernier étant d’ailleurs le double tenant du titre de meilleur joueur d’Angleterre.

Ce qui est intéressant avec les récupérateurs modernes, c’est qu’ils n’ont plus grand chose à envier aux numéro 10 aux numéros 8 strictement relayeurs, certains même sont utilisés comme tel au cours de certains matchs, ou dans certaines organisations tactiques. Luka Modric était dans une posture de sentinelle à Tottenham mais sa technicité et son volume de jeu en faisait un électron libre, pouvant être autant récupérateur que numéro 10.  Le jeune Marco Verrati surnommé le nouveau Pirlo a su lui aussi tirer son épingle du jeu avec cette particularité. Etant peut-être plus agressif (avec Casémiro) que les autres, il n’en demeure pas moins qu’il soit un 6 atypique, porté vers l’avant, pouvant distiller de longue passe à la précision chirurgicale ou être à la conclusion des actions. On pourrait citer aussi le français Paul Pogba. Doté d’une technicité hors paire qui lui permet d’être totalement polyvalent, il est aussi dans ce courant des récupérateurs d’impact technique.

Jouer comme milieu récupérateur demande aujourd’hui de la précision, de la spontanéité, de la créativité mais aussi de l’intelligence surtout dans le placement. Pouvoir savoir quand anticiper, quand accompagner les phases d’attaque, quand rester en retrait, avoir une marge de manœuvre et une agilité qui te permettent de prendre l’information sur ton environnement. Aujourd’hui être 6 c’est être capable de donner le bon tempo dans le bon rythme pour pouvoir impulser de la bonne musique sans cacophonie.

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